Yves Lecoq, figure bien connue du paysage audiovisuel français, s’est imposé comme un imitateur et humoriste de premier plan. Il s’est fait remarquer grâce à son talent vocal exceptionnel, notamment dans Les Guignols de l'info où il a prêté sa voix à de nombreuses marionnettes. Il a également animé Les Grands du rire entre 2005 et 2019. Au fil des années, l'humoriste de 80 ans s’est construit une carrière solide, tout en cultivant une passion dévorante pour les vieilles pierres… et les châteaux.
Cette passion, aussi fascinante que risquée, l’a conduit à accumuler plusieurs propriétés, jusqu’à s’endetter lourdement. Invité dans TPMP People en mai 2023, il évoquait le sujet. "Au départ, je cherchais une ferme en Normandie figure-toi... Mais pour le budget que j'avais, pas moyen de trouver une ferme, c'était trop cher. Donc je me suis rabattu sur un château en Picardie. Donc avec 300 000 francs j'ai trouvé un joli manoir. Ça a été mon premier château", s'était-il souvenu. Une spirale d’acquisitions s'est ensuite enclenchée. Sauf que cette passion pour les châteaux coûte cher ! "J'ai encore des dettes parce que j'ai tout vendu à bas prix", avait-il avoué. Déjà en 2020, il reconnaissait : "Je n'ai pas d'impôts sur la fortune tellement je suis endetté par mes châteaux."
Mais le jeu en valait sûrement la chandelle. Il faut dire que le château de Chalais, situé en Charente, fait rêver. Edifié entre le XVIe et le XVIIIe siècle, ce vaste ensemble de 6 000 m² se distingue par son architecture Renaissance, ses toitures en ardoise et ses pavillons en saillie. L’entrée s’effectue par un pont-levis du XVIe siècle encore en fonctionnement, élément rare en France. Une tour carrée plus ancienne, datant du XIVe siècle, rappelle ses origines médiévales avec ses machicoulis. Classé monument historique depuis 2003, l’édifice est bâti sur un éperon rocheux dominant la ville, renforçant son caractère spectaculaire et son importance patrimoniale locale.
Comme le rapporte Ouest-France, en septembre 2025, la famille Théry rachète le domaine à Yves Lecoq avec l’ambition de le faire revivre. Le père âgé de 60 ans, Franck, explique : "Nous avons eu des échanges très positifs et fructueux. Il a sauvé le château, maintenant c’est à nous de poursuivre le travail. On veut qu’il vive." Originaire de Lille, le clan investit alors financièrement dans ce lieu, "un dernier projet tous ensemble" avec sa femme Florence et leurs cinq enfants, âgés de 22 à 28 ans. "On y a mis toutes nos économies. Ce projet n’est pas raisonnable économiquement mais il est porteur de sens", apprend-t-on. Le chantier s’annonce colossal, avec des travaux estimés sur sept à huit ans, notamment pour restaurer les toitures et sécuriser certaines zones fragilisées.
Ce nouveau bien immobilier n'a pas pour vocation d'être le lieu de vie de la famille Théry. "Nous n'habitons pas sur place mais nous y sommes en permanence", indique le clan. Ainsi, ils ont une autre ambition pour ce château. C'est pour cette raison qu'ils ont pris la décision de l'ouvrir au public avec des visites quotidiennes, rendues possibles grâce au soutien d’une association locale. Les visiteurs peuvent découvrir des pièces meublées d’antiquités et chargées d’histoire. La famille développe également une offre événementielle : concerts, privatisations et projets culturels rythment déjà la vie du domaine. "Ça a dépassé toutes nos espérances. Nous avons déjà prévu d’en organiser un autre en juillet", déclare Franck Théry. Et ce n'est pas tout ! A terme, une boutique et de nouveaux espaces d’accueil devraient compléter cette renaissance, avec un objectif clair : faire du château un lieu vivant, ouvert et ancré dans son territoire.