4 mars 2004. La France apprend, abasourdie, la disparition de Claude Nougaro. Soigné pour un cancer du pancréas depuis de longs mois, l’artiste avait gardé la tête haute malgré tout, recevant chez lui jusqu’au dernier jour famille et amis, évoquant la prochaine sortie d’un album qui ne viendra jamais. En apprenant la disparition du Toulousain le plus célèbre de France, c’est le pays tout entier qui se lançait dans un hommage national. Jacques Chirac, alors président de la République, saluait un artiste "avec un cœur immense. Claude Nougaro a éclairé de ses mots et de ses rythmes vies et souvenirs. Un maître de la chanson française. Une voix pleine de force et de sensibilité." Eddy Barclay (producteur) : "Il avait le talent de toujours m’étonner." Mireille Mathieu : "J’ai regretté que personne n’ait pensé à lui adresser un petit signe pendant la dernière cérémonie des Victoires de la Musique." Line Renaud : "Il était unique en son genre et n’a jamais été copié." Autant de preuves d’amour et de respect qui résonnent toujours aujourd’hui, plus de vingt ans après la triste disparition.
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En s’envolant vers des cieux roses (comme sa ville de cœur), Claude Nougaro laisse derrière lui Hélène, sa quatrième et dernière épouse, restée à ses côtés jusqu’à son dernier souffle. Mais aussi Pablo, son fils né en 1977, Fanny et Théa, ses deux filles nées respectivement en 1969 et 1973. Sans oublier Cécile, son aînée, venue au monde en 1962, pour qui il écrira la chanson éponyme, Cécile, ma fille, avant de frôler la mort dans un accident de voiture en 1963. C’est cette dernière qui n’a de cesse, depuis, de vouloir garder la flamme artistique Nougaro vivante. En 2018, après de nombreuses prospections toulousaines, la plus âgée de la fratrie ouvrait La Maison Nougaro, une péniche amarrée sur les rives de la Garonne à Toulouse.
Rencontrée à l’époque par La Dépêche, Cécile Nougaro ne cachait pas sa fierté. "Le thème sera l'enfance de mon père, soulignait-elle. Il y aura des photos des lieux de son enfance, des objets, des textes manuscrits, où il parle de sa grand-mère, par exemple. Les expositions se renouvelleront tous les quatre mois." Une ouverture qui ne pouvait empêcher certaines mauvaises langues de se délier. Ce à quoi Cécile Nougaro répondait, sans rougir. "J'ai pu lire ou entendre que mon "énorme fortune" m'aurait permis de financer cela toute seule, ajoutait-elle auprès de La Dépêche. Je tiens à préciser que toute ma "fortune" est ici, dans la péniche. J'ai vendu l'appartement de mon père, quai de Tounis (Paris, Vème arrondissement, NDLR), pour acheter la péniche, financer la rénovation. Tout est là, dans ce lieu de transmission de l'œuvre et de la mémoire de mon père."
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Il est vrai que, même dans son fonctionnement, La Maison Nougaro ne pourrait vivre sans l’aide de bénévoles et de mécènes. Cécile Nougaro a donné ce qu’elle pouvait. "La campagne de financement participatif menée entre février et avril 2018 a permis de récolter plus de 32 000 €, précisait la descendante de celui qu’on surnommait l’homme aux semelles de swing. Nous sommes extrêmement reconnaissants, nous voudrions dire aux 199 donateurs et mécènes à quel point cela fait du bien de se sentir épaulés dans ce projet, par des gens de toute la France."
Septembre 2024. Plus de cinq ans après l’ouverture de la péniche-musée, et à l’occasion des vingt ans de la disparition de Claude Nougaro, la fille aînée du chanteur annonce, toujours dans La Dépêche, chercher un "second souffle" pour son lieu. Fonctionnant principalement avec l’aide de deux bénévoles, offrant deux demi-journées de leur temps aux visiteurs, La Maison Nougaro avait besoin d’un second coup de pouce. "Nous travaillons avec des bénévoles, nous n’avons pas les moyens de faire autrement, avouait l'aînée de la fratrie Nougaro. Comme beaucoup de lieux culturels actuellement, la Maison Nougaro connaît des difficultés financières, ajoutait-elle auprès des journalistes d’Actu.fr. On demande du soutien, c’est un lieu qui a été créé pour les gens. Les fonds permettront de financer le contrôle technique de la péniche, ainsi que les travaux de maintenance du lieu, indispensables à la sécurité des visiteurs."
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Ces appels à l’aide et ces espoirs ont-ils été entendus depuis ? Contacté, l’établissement annonce toujours des horaires d’ouverture restreints (les deux demi-journées déjà évoquées par Cécile) : les jeudis et samedis de 14 h à 18 h. La page Facebook du lieu n’est plus entretenue depuis décembre 2023. De plus, une adhésion à l’association « Maison Nougaro fabrique du présent » est en ligne, permettant à quiconque veut participer d’aider à la préservation et à l’entretien de ce lieu symbolique. Bien avant l’ouverture de La Maison Nougaro, Cécile déclarait : "Mon père était quelqu’un de très vivant. On a même l’impression qu’il l’est encore." Reste à savoir si sa péniche-souvenir bénéficiera de cette même énergie vitale éternelle.
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