“Y en a un qui est vraiment exceptionnel, c’est Quenard.” Invité récemment sur RTL, Gilles Lellouche a encensé Raphaël Quenard…avant de nuancer son propos. “Sur mon film, L’Amour ouf, c’était exceptionnel, c’est son premier jour, pour sa première prise, a expliqué l’acteur-réalisateur. Il y avait un plan-séquence avec Jean-Pascal Zadi et François Civil. Ils avaient trois minutes de dialogue, c’était vraiment une grande scène et lui arrivait à la toute fin pour dire une connerie genre : ‘J’ai raté le bus, désolé je suis en retard’.” Raphaël Quenard s’est alors lancé dans une série d’improvisations qui n’ont pas plu à Gilles Lellouche : “Il partait dans des monologues, c’était infernal, il tuait la scène, les autres commençaient à s’impatienter et à faire la gueule.” “Vous avez dû gueuler ?”, lui a alors demande Augustin Trapenard sur RTL : “Évidemment, je n’avais pas le choix. On a fait 17 prises avant qu’il me fasse une prise normale. Mais il est hilarant.”
Ce goût du spectacle, l’Isérois l’a cultivé très tôt. En 2024, dans l'émission Sept à Huit, diffusée sur TF1, il reconnaissait devant Audrey Crespo-Mara avoir eu à l'école “une petite appétence pour la gaudriole qui m'a valu quelques renvois, notamment au foot où j'ai pris pas mal de cartons rouges totalement idiots par pur goût de voir la réaction que ça allait susciter dans le public et l'effervescence que ça allait créer”. Après une jeunesse passée au sein “d'une famille équilibrée, soudée” – une mère travaillant dans les assurances et père ingénieur dans le bâtiment – le trublion est passé par l'École des Pupilles de l'air 749, à Montbonnot-Saint-Martin (toujours en Isère). “Mon grand-père était un militaire, avait-il raconté sur TF1. C'est vrai que je l'idéalisais dans ma tête, du coup je m'étais dit que j'allais rejoindre les rangs de l'armée française. Une ambition entravée par le fait même de mon indiscipline ! J'ai été mis en garde par un sergent-chef qui m'a dit : ‘Quenard, si tu restes là, je vais te faire la misère !’” Garçon dissipé mais brillant (il a obtenu une mention très bien à son bac S), il arrive alors à Paris où il intègre en 2011 l’École nationale supérieure de chimie du Ve arrondissement. En cours d'études, il effectue même un stage de recherche en chimie physique à l’Imperial College de Londres.
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Diplômé en 2014, il change complètement de voie pour devenir assistant parlementaire de la députée savoyarde socialiste Bernadette Laclais entre 2015 et 2016 ! La femme politique avait décrit cet épisode au journal Le Dauphiné Libéré : “On sentait que ça l’intéressait mais il voyait la politique très différemment de ce qu’il a vécu dans une permanence parlementaire, expliquait-elle. Je trouve que le monde artistique lui va très bien, il est très à l’aise. Il a essayé plusieurs choses. Son profil ne correspondait pas au monde politique.” “Les politiques, ce sont de vrais acteurs qui prennent des risques sans limites, a confirmé Raphaël sur TF1. Mais je me suis rendu compte que le spectacle n’était qu’une partie infime de l’activité.” Après militaire, chimiste et homme politique, Quenard tente donc un nouveau virage : acteur.
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En montant à Paris, il avait découvert le plaisir d’enchaîner les représentations de théâtre grâce aux places à 10 euros et avait commencé à courir les castings. En 2011, voyant Oslo, 31 août, le film de Joachim Trier, il avait eu une épiphanie : “Il y a eu un avant et un après. J’ai vu l’infinie possibilité qui s’ouvrait à moi.” Après son passage comme assistant parlementaire, il s’inscrit aux cours Cochet de comédie à Paris. Méthodique, il crée un document Word dans lequel il répertorie toutes les avant-premières en présence des équipes du film et s’y rend dans le but donner son CV. “Je suis un artiste qui travaille avec autant de méthode qu’un chercheur”, a-t-il confié au Monde. Il finit par s’imposer en 2023 dans le film Chien de la casse qui lui vaut le César 2024 dans la catégorie Révélation masculine. Mais Quenard reste lucide. “Ma carrière n’a pas été si rapide, a-t-il constaté dans Le Monde, Ç’a été fastidieux, laborieux, mais je suis content que ça n’ait pas été facile : j’ai conscience de la cruauté et des fluctuations de ce métier.” Son prochain défi ? Il incarnera Gérard de Suresnes dans le film Le Con de minuit, a révélé Le Film Français. De Suresnes est une ex-star de la libre antenne sur Fun Radio entre 1996 et 2002. Le projet explore la chute de cette figure culte de la nuit, mort abandonné et pauvre en 2005. Un destin auquel le si truculent Quenard devrait échapper.
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