

Benoît Poelvoorde a joué avec beaucoup de franchise et d'enthousiasme le jeu de l'interview avec les lecteurs du Parisien. L'acteur belge présente le film Les Rayures du zèbre, comédie sociale sur le foot et ses relations avec l'Afrique. Au-delà de ce film réalisé par son ami Benoît Mariage qui l'a dirigé dans Cowboy, l'artiste va parler un peu de foot, de sa carrière et des polémiques.
Dans Les Rayures du zèbre, Benoît Poelvoorde incarne un recruteur inspiré de Serge Trimpont dans un film qui veut éviter les clichés. Même ceux qui n'y connaissent rien dans ce domaine - l'acteur lui-même avoue qu'il ignorait ce qu'était un mercato - pourront apprécier cette plongée dans le monde du foot et ses rapports entre l'Occident et l'Afrique.
S'il est plus que ravi de tourner pour Benoît Mariage, il y a beaucoup de rôles que Benoît Poelvoorde a refusés, dont... Intouchables ! "J'ai refusé par exemple Intouchables parce que tout se passait assis. Tu m'imagines coincé dans une chaise sans bouger le petit doigt, moi qui joue aux dominos même en dormant ! Je rends hommage à François Cluzet [qui joue face à Omar Sy un tétraplégique, NDLR]. D'ailleurs, on aurait dû lui remettre un César pour ce rôle." Le César, une récompense qu'il n'a jamais obtenue : "Cela fait seize ans que je prépare mon discours. [...] Ils attendent que je meure, je crois !"
Toujours aussi franc, Poelvoorde n'a pas peur d'aborder le sujet de la polémique sur les salaires mirobolants des stars françaises, alors que le manque de rentabilité des films est pointé du doigt : "C'est aux acteurs d'avoir la décence de ne pas demander 2,5 millions de cachet si le budget du film est de 5 millions. Après, si le producteur est assez con pour donner tant d'argent..." En ce qui le concerne, il peut aller de 100 000 euros à 1 million : "Si le producteur a des thunes, je ne vois pas pourquoi je me priverais. Pour Les Rayures du zèbre, en revanche, c'est tout juste si je n'ai pas mis de ma poche."
Qui dit argent dit impôts, et Benoît Poelvoorde, qui ne fera aucune allusion à un certain Gérard Depardieu, en paie en France et en Belgique, comme ça, pas de jaloux : "Je suis très imposé en Belgique. Chaque fois que je tourne, on me retient en gros la moitié du cachet. Mais attention, je suis ravi de payer des impôts ! [...] Si j'étais français et que j'étais taxé à 75%, je ne partirais pas. En revanche, je ferais augmenter mes salaires."